So’Pony 2026 – 6 ans D Hongres & Entiers : Le titre suprême pour Karadoc de Blonde
Sur cette finale d’un niveau très relevé, forte de vingt couples, dont douze entiers, seuls deux candidats au titre suprême bouclent un triple sans faute. Les trois meilleurs décrochent la mention Elite, les cinq suivants sont déclarés « Excellent » tandis que le reste du Top 14 est gratifié de « Très Bon ». Coup de chapeau aux deux « jeunes pousses » de cette catégorie, Lilou Cavière, 7ème avec l’entier bai PFS Krack Boom D’Amallo (Box Office du Pena), et Noémie Duplus, 11ème en selle sur le hongre PFS Karhartt Arvei (Delizio Ice).
Une belle histoire de famille …
La victoire revient au talentueux étalon alezan PFS Karadok de Blonde, issu d’Alto de Fougnard, PFS et Dahab sun, SF par Gerfaut d’Helby, né chez Christian Morel à l’élevage de Blonde à Blondefontaine en France Comté (70). Titulaire de la meilleure note au modèle de 16.6, le champion, piloté jusqu’à la victoire par Lilou Segura, boucle son championnat avec un score final de -0.82 points. La cavalière de 22 ans, basée à Raincourt (70) au sein de l’élevage d’Orgemont de ses beaux-parents Christian Perrin et Michèle Strammiello, propriétaires de Karadok depuis ses quatre ans, est à la tête d’une vingtaine de chevaux et poneys. « Karadok a toutes les qualités que j’aurais recherché sur un poney de compétition lorsque j’étais enfant et que je souhaitais suivre le circuit poney. Il a la force, les moyens, l’équilibre, il est aussi ultra respectueux. Il était déjà second de la finale des cinq ans en 2025, un résultat qui lui a notamment valu d’être agréé PFS. Il est disponible uniquement en congelé, nous attendons ses premiers produits l’année prochaine. » Michèle Strammiello explique se charger essentiellement des aspects administratifs de la structure de soixante cinq hectares tandis que son époux Christian Perrin prend les décisions concernant les quatre vingt à cent équidés (essentiellement poneys) hébergés sur l’exploitation. Le couple profite également des conseils avisés de Christian Morel, beau frère de Michèle, et naisseur du champion, qui l’avait vendu en tant que foal avant qu’il ne change de mains pour finalement se retrouver sur la structure familiale. « J’avais acheté sa mère Dahab Sun sur les conseils d’Eric Livenais car je cherchais à faire des croisements pour produire des petits poneys » confie l’éleveur. « Je l’ai ensuite vendue à Louise Picot de l’élevage du Mont d’Or, qui présentait d’ailleurs deux jeunes sœurs de Karadock au So Pony cette année. J’avais choisi Alto de Fougnard sur ses qualités, et sur sa petite taille, qui s’avère trompeuse car il produit grand. J’avais choisi des grandes juments, et j’ai obtenu de nombreux produits hors taille. Toutefois, il apporte une très belle qualité de galop. Tout le monde se moque de moi car depuis une vingtaine d’années, je cherche à réduire la dimension de mon élevage, mais sans grand succès, car j’ai encore eu une vingtaine de naissances cette année. Cela nous occupe et c’est addictif car on veut toujours voir le résultat de nos croisements ! » sourit Christian Morel … Karadok, qui confirme son potentiel d’année en année, devrait poursuivre sa brillante carrière sportive sur le circuit des 7 ans la saison prochaine.

Karadok de Blonde & Lilou Segura – Crédit photo : PSV Photos
Kroclapomme du Verger, vice-champion
Avec un score final au championnat de 0.31 points, l’étalon bai PFS Kroclapomme du Verger (Spartakus de France, PFS et Quina de Beausse, PFS par Linaro, POET, né à l’élevage du Verger à Moigné (35) chez Sophie Pottin, était piloté de main de maître sur cette finale par sa co propriétaire Julie Le Guern et s’adjuge la médaille d’argent. C’est au Pôle Européen du Cheval à Yvré l’Evêque (72) ainsi que dans une annexe à Courcemont, chez Hervé et Sophie Dugué, que la cavalière gère vingt à trente équidés dont une large majorité de poneys. « J’avais le père Spartakus et la mère de Kroclapomme, Quina, que j’avais achetée à l’élevage de Beausse, puis que j’ai vendue comme poulinière à Sophie Pottin. Je l’ai débourré à la maison, et j’en ai racheté la moitié à quatre ans. Ses qualités principales sont la générosité, le respect, l’équilibre, le galop, et l’intelligence, notamment de la barre. » Si Kroclapomme a brillé lors de cette finale, c’est grâce à un concours de circonstances, et à la détermination de sa naisseuse Sophie Pottin qui relate son histoire. « Kroc n’aurait jamais du voir le jour. Je suis allée au Salon des étalons de Saint Lô car j’avais flashé sur Champagne d’Ar Cus. Je souhaitais acheter une ponette pour la croiser avec lui, mon choix s’est porté sur Quina de Beausse, propriété de Julie. Malheureusement, Quina n’a jamais pris en congelé. J’étais dépitée, et Julie m’a proposé de tenter de la remplir avec Spartakus, et la monte en main a fonctionné, d’où la naissance de Kroc. » A cette époque, Sophie élève quelques poneys pour le plaisir en marge de son activité professionnelle d’ingénieure en nutrition animale. Kroc voit le jour à Moigné (35), et Sophie, sous le charme de ce jeune mâle, décide de le présenter au concours régional des deux ans au Lion d’Angers. La décision est prise en amont, si les résultats ne sont pas à la hauteur, Kroc sera castré. « Il est arrivé dernier » évoque Sophie, piquée au vif, qui décide de conjurer le sort et de le garder entier. A l’âge de trois ans, Kroc est débourré par Julie, dont il rejoint les écuries à quatre ans, et dont elle acquiert la moitié. Au même moment, virage a 180° pour Sophie qui décide de quitter la Vendée, d’abandonner sa carrière et de s’installer avec son conjoint cavalier, Guillaume Château, sur quarante hectares à Lagnon (22) pour élever une centaine de brebis de race Lacaune et produire du fromage. Depuis, les décisions concernant le vice champion se prennent à deux « très simplement » y compris le choix de poursuivre sa carrière sportive jusqu’aux sept ans avant de trouver son futur partenaire. Kroc se prépare d’ores et déjà à cette future mission sur quelques épreuves sous la selle d’une jeune cavalière. « Au-delà d’être un bon poney de concours, il sera sans doute un bon poney d’enfant » assure Sophie. Si elle a vendu Quina, c’est désormais la sœur utérine de Kroc, Lagad Blue du Verger (Gold Eternel Poune’s PFS), confiée à une jeune cavalière, qui perpétuera cette souche maternelle. L’année prochaine, le vice champion devrait continuer à exprimer tout son potentiel sur le circuit des sept ans, sauf s’il trouve une nouvelle famille !
Kroclapomme du Verger & Julie Le Guern – Crédit photo : PSV Photos
Le bronze pour Krafty Grimm One
L’entier bai PFS Krafty Grimm One, issu de Greatstar Embet Tilia, PFS et Liberty Grimm, SF par Sarastro AC, décroche le bronze avec un score final 2.69 points, et une deuxième note au modèle de 16.55. Il était aux commandes de Gladys Secchiutti, sa propriétaire depuis ses trois ans. Installée au Black Beauty Club, structure familiale de ses parents Sylvie et Patrick à Charly-sur-Marne dans l’Aisne (02) qui regroupe l’élevage de Porteron, une écurie de propriétaires, et un centre d’insémination, Gladys et son compagnon Alexis Gourdin gèrent une centaine d’équidés dont un piquet de chevaux de CSO au niveau une et deux étoiles pour Gladys parmi lesquels First One de Bressac. « Nous avons tout fait sur Krafty. Il a toujours répondu présent. Après avoir remporté le testage à trois ans, il est vice champion de France des quatre ans, et cinquième des cinq ans. Pour un étalon, il est très facile à manipuler, très calme, même à proximité de juments, mais c’est un vrai poney de concours. Sa carrière de reproducteur n’est pas prioritaire car à ce jour il y a énormément d’étalons sur le circuit poney. J’imagine davantage son avenir sous la selle d’un jeune cavalier, au moins jusqu’au niveau As 1, mais je commence à penser qu’il a les moyens de faire Grand Prix, car il a la tête et le courage pour aller au-delà de ses moyens. » L’année prochaine, s’il n’est pas commercialisé, Krafty devrait se confronter au circuit des sept ans. Le naisseur de Krafty, Antoine Daurelle, agriculteur à Clenay, près de Dijon (21), est à la tête d’une exploitation de 220 hectares dédiés aux deux tiers à la production en bio de blé, orge, avoine, tournesol, lentilles, moutarde et sarrasin, tandis que 70 hectares sont réservés aux pâtures et à la production de fourrage (luzerne, sainfoin) pour alimenter la cinquantaine d’équidés présente sur la propriété. Antoine, qui a repris la suite de son père, accueille chaque année cinq à six naissances. « A la base, nous élevions uniquement des chevaux, mais mon épouse Laurène Varin, elle-même cavalière, a souhaité procéder à des croisements pour obtenir des poneys D. Nous choisissons les pères sur leurs performances et leur look. Nous avons également une écurie d’une dizaine de propriétaires en pré box et un centre de reproduction où nous accueillons environ 70 juments par an. » Depuis la disparition de Liberty Grimm, la pérennité de la souche maternelle de Krafty sera désormais assurée par sa sœur utérine Igrimm One.

Krafty Grimm One & Gladys Secchuitti – Crédit photo : PSV Photos
Article réalisé en partenariat avec L'Eperon